Cie TransatlantiK s’est constituée, en tant que compagnie de théâtre, au Maroc. La compagnie est née d’une rencontre, celle de Catherine Bernad, Didier Escole et Zouzou Leyens, ainsi que de la découverte des auteurs russes Obériou (principalement Vvedenski, Harms, Zabolotski, Vaguinov) et de la résonnance de leur destin personnel et artistique dans un pays comme le Maroc.
Pendant les trois ans où j’enseignais la scénographie à l’Institut Supérieur d'Art Dramatique (ISADAC) de Rabat, s’est affirmé mon désir d’exprimer, à travers la mise en scène, l’impuissance de l’homme face à l’absurdité de son destin, dans un contexte politique où l’individu tente désespérément de trouver une représentation possible.

Le balancement entre le réel et la fiction et la mise en tension de ces deux éléments constituent sans doute le centre des préoccupations de la compagnie. Multiplicité des formes, entrechoquement de différents modes narratifs juxtaposés, fragmentation du récit, dirigent l’ensemble des projets de la compagnie.

Le premier projet de Cie TransatlantiK, Un Sapin chez les Ivanov d’Alexandre Vveddenski (Théâtre Océan Nord/Théâtre de la Balsamine, 2001), traitait, par le biais de l’absurde, de la disparition de l’être et de la question de la survie lorsque le monde devient douloureusement incompréhensible - dans le contexte des purges staliniennes.
Le second projet pour la scène, In The Forest is a Monster (KunstenFestivaldesArts, Théâtre Océan Nord, 2004), évoquait l’exil et continuait à interroger l’individu comme «entité» encore mal définie, l’état fragmentaire de la condition d’humain, le désir de se quitter pour mieux renaître. Mouvement vital de survie afin ne pas disparaître à soi.
Monelle d’après Marcel Schwob (KunstenFestivaldesArts, Théâtre les Tanneurs, 2008) et Il vint une année très fâcheuse (Théâtre les Tanneurs, 2009) ont constitué un diptyque consacré à la perte de l’enfance. Ces deux spectacles ont été réalisés et présentés dans le cadre d’une résidence de trois ans proposée par le Théâtre Les Tanneurs à notre compagnie. Cette résidence aura permis, d’effectuer régulièrement des laboratoires autour du Livre de Monelle de Marcel Scwhob et a généré une forme particulière : Monelle/Materiaux*, performance spectacle (Rebirth, 2007).

Parallèlement aux mises en scène théâtrales qui constituent la part la plus visible des activités de la compagnie, Cie TransatlantiK s’est investie dans des projets artistiques périphériques proposés individuellement par ses membres : ainsi une installation Robes présentée au Théâtre Marni réalisée par Didier Escole et Zouzou Leyens. Une co-production dans un projet franco-belgo-marocain, Crème-Tiré , réalisé par Catherine Bernad avec la participation de Didier Escole. Ainsi qu’une co-production dans la publication d’un livre L’histoire de Djibril racontée par lui-même réalisé par Catherine Bernad et illustré par Didier Escole, édition Khiasma-Sud. Deux nouveaux membres ont rejoint la compagnie en 2009 : Miquel Casaponsa, musicien et Thierry Gillet, cinéaste.


Zouzou Leyens